Règlement des Compagnons Étrangers, vers 1860

Ce texte figurait dans le livret remis aux itinérants de la société des Étrangers dans les années 1860. Nous ne disposons à l’heure actuelle d’aucun règlement plus ancien.

Emblème des Compagnons « Du Devoir Étranger », vers 1865. Celui-ci figure sur un règlement manuscrit, Musée du Compagnonnage, Tours.

LIVRET DE COMPAGNONS ÉTRANGERS

RÈGLEMENTS PARTICULIERS

ARTICLE PREMIER.
Tous les Compagnons Étrangers seront munis d’un livret en voyageant, pour justifier leur régularité. Ils devront, sans relâche, se livrer à la pratique de toutes les vertus, ainsi qu’à l’étude des arts ; principalement pour la construction, l’activité et l’application au travail.

ART. 2.
Les Compagnons Étrangers doivent bannir à tout jamais de leur cœur haines, provocations, disputes, batailles, etc., et tout ce qui dégrade et avilit l’institution. Ne point reconnaître d’ennemis, reconnaître au contraire que tous les hommes sont frères, que la terre est leur pays et non pas une contrée ; respecter la liberté individuelle, la foi et la croyance des diverses sectes ou corporations, principalement quand cette foi ou cette croyance sont basées sur un esprit d’humanité et de fraternité.

ART. 3.
La civilisation et le progrès doivent être le mobile des Compagnons Étrangers ils doivent anéantir de leurs institutions la paresse, l’oisiveté, l’ignorance, l’abrutissement et le fanatisme. Leurs chansons doivent être toutes de paix et de fraternité. Celles qui aigrissent les cœurs, nourrissent la haine et froissent l’amour-propre de telle ou telle corporation, doivent être oubliées et formellement interdites.

ART. 4.
La Société des Compagnons Étrangers doit être composée d’hommes spéciaux, puisés dans l’élite des tailleurs de pierre, soit comme position, travail, capacité et moralité. Le choix doit être rigoureux, mais fait avec impartialité, selon les prescriptions des règlements, sans perdre de vue que l’admission est une récompense due au talent et au mérite.

ART. 5
Pour être admis au rang de Compagnons Étrangers (sic) il faut être ou avoir été membre cotisant dans la Société des jeunes hommes pendant six mois au moins, être âgé de dix neuf ans accomplis, et faire la demande écrite de sa propre main un mois au moins d’avance, en l’adressant au Premier Compagnon. Les réceptions ne pourront avoir lieu que pour les fêtes d’ascension et de Toussaint, et au sein des Sociétés mères ou succursales régulièrement établies. Il faudra être reconnu bon ouvrier, laborieux, intelligent, de bonne vie et mœurs, justifier d’une bonne conduite de son passé, posséder les premières notions de géométrie, dessin ou coupe de pierre et en avoir au moins six mois d’études ; être dans une position pécuniaire à ne rien devoir à personne, posséder des habillements pour être dans une mise décente les jours de fêtes ou d’assemblées, enfin remplir toutes les conditions prescrites par les règlements généraux.

ART. 6.
Les membres de la Société (voyageurs) prendront pension et occuperont autant que possible les logements disponibles chez la mère ; ils n’oublieront pas que le crédit est un besoin dans des moments difficiles, qu’il ne peut être basé que sur la confiance de la Société, dont les membres sont moralement responsables les uns pour les autres. Ils se devront entre eux le plus grand respect, ne pourront pas se tutoyer dans aucune réunion, ni tutoyer personne chez la mère, n’y (sic) s’y présenter dans une tenue indécente. Il leur est formellement interdit de porter isolément leurs insignes aux dehors, ni de s’arroger des titres de suprématie sans encourir rigoureusement les peines prescrites par les règlements.

ART. 7.
La Société des Compagnons Étrangers étant érigée en secours mutuels régis en communauté, les membres actifs cotiseront mensuellement la somme de deux francs par mois et recevront en cas de blessures ou de maladies un secours journalier après trois mois d’affiliation, si la maladie n’est pas inférieure à trois jours ni supérieure à un an, savoir : 1° Les premiers six mois deux francs par jour 2° De six à neuf mois un franc par jour 3° De neuf mois à un an cinquante centime par jour Au-delà d’une année, la Société restera libre d’en fixer le montant. Les membres seront secourus en tous lieux, n’importe la distance, pourvu qu’ils fassent parvenir en temps et lieux leurs cotisations. Les indemnités seront payées tous les mois, le jour de l’assemblée périodique, sur le vu d’un certificat d’un médecin connu, et qui sera légalement visé par le maire pour ceux éloignés sertifiés (sic) autant que possible par des Compagnons.

ART. 8.
Les membres actifs, qui négligeront de payer leurs cotisations en temps et lieu, sans motifs valables, passé six mois, n’auront aucun droit de secours en cas de maladie, et passé un an ils seront rayés du cadre régulier et privés des assemblées jusqu’à réhabilitation et paiement complet. La réhabilitation sera soumise aux mêmes conditions que l’affiliation. Les assemblées périodiques ou extraordinaires, les enterrements, les visites aux malades, etc., seront obligatoires pour tous les membres actifs résidant à huit kilomètres au plus du siège de la Société même jusqu’à quinze kilomètres pour les enterrements, sauf des cas légitimes justifiés et prévus d’avance. (prévenu d’avance).

ART. 9
Les fautes et les délits seront sévèrement réprimés : les fautes sont la violation de la discipline chez la mère, aux assemblées, à la messe, aux enterrements et à toutes autres réunions ou cérémonies, qui sont les inattentions, colloques, interruptions, manque de respect, paroles injurieuses, etc. Les délits sont de deux classes, contre les mœurs et contre l’honneur. Ceux contre les mœurs sont : l’intempérance, les propos grossiers ou inconvenants tenus à haute voix, l’insubordination accompagnée de circonstances graves, les récidives fréquentes des fautes, le port illégal d’emblèmes et de grandes cannes sur la voie publique, et le défaut de cotisation en temps et lieu. Les délits contre l’honneur renferment tout ce qui tient à avilir le membre, la Société et le compagnonnage, qui sont : l’indiscrétion des mystères ou travaux mystérieux le port illégal de grades ou emblèmes honorifiques, les préjudices volontaires portés à la réputation et à la fortune d’autrui, et enfin tout ce qui, dans l’ordre social, est noté d’infamie. Les peines contre les fautes seront réprimées par des amendes de 0,50, un franc, neuf francs celles pour les délits contre les mœurs par des amendes de trois, cinq et dix francs ou suspension temporaire à la mutualité ou aux assemblées. Celles pour délits contre l’honneur par l’exclusion temporaire ou par le bannissement perpétuel.

ART. 10.
Le présent livret tiendra lieu de titre régulier en place de lettre de recommandation ; ils seront délivrés au sein des Sociétés mères au fur et à mesure des besoins, principalement à la suite des initiations. Outre l’inscription particulière, ils contiendront vingt feuillets qui seront cotés et paraphés par le président. Le premier feuillet contiendra les noms, prénoms, surnoms du titulaire, les lieu et date de sa naissance et de sa réception, signé des membres du conseil d’administration et du titulaire. Les autres feuillets serviront pour constater l’arrivée et le départ de chaque ville, le lieu où ils viennent et où ils vont, s’ils sont libres de tout engagement.

ART. 11.
Les livrets des membres resteront aux archives pendant leur résidence au sein des Sociétés mères, et ne leur seront remis qu’à leur départ, selon les formalités prescrites. Ils seront également remis dans les succursales entre les mains du Premier Compagnon. Les livrets ne seront visés pour contrôler l’arrivée et les départs qu’au sein des Sociétés mères ou succursales par le conseil d’administration ou bien par cinq membres réunis ; dans toutes autres localités éloignées à plus de trente kilomètres de l’une d’elles.

ART. 12.
Les annotations de dettes ne pourront être radiées qu’au sein des Sociétés mères ou succursales ayant les justifications nécessaires. Un membre ne sera jamais accueilli en voyage qu’autant qu’il sera porteur de son livret. Il ne pourra jouir d’aucune prérogative de la Société ; celui qui déclarera l’avoir perdu ne pourra être réhabilité et en avoir un nouveau qu’après un délai de trois mois, où toutes les annotations de l’ancien devront être reportées. Lorsqu’un livret sera totalement rempli, il en sera délivré un autre.

ART. 13.
Toutes les délivrances de livrets, les visas d’arrivée ou de départ, ainsi que les diverses annotations, seront insérées sur les registres de chaque Société respective, pour connaître exactement l’inscription et la mutation de tous ses membres ; à défaut de cette inscription et de ce livret, nul ne sera accueilli comme membre de la Société, quelque soient ses moyens de justification.

ART. 14.
Les Attendants de bonne vie et mœurs seront admis à tout âge comme membres cotisants de la Société des jeunes hommes. Ils auront droit à la mutualité et à l’encouragement de l’instruction, et à partir de l’âge de dix huit ans et trois mois au moins d’activité, ils pourront être reçus, s’ils en font la demande par écrit, lorsqu’ils rempliront les conditions imposées, qu’ils soient mariés ou non, sans condition d’être sur le tour de France.

ART. 15.
Les jeunes hommes Étrangers pourront être admis au rang des Compagnons à partir de l’âge de dix neuf ans mariés ou non, sans condition d’être sur le tour de France, mais remplissant strictement les conditions d’honorabilité et de capacité imposées par les règlements prévus en partie par l’article 5 du présent livret, sachant lire et écrire et au moins six mois d’étude de stéréotomie. Ils seront tenus d’en faire la demande par écrit au moins un mois d’avance en l’adressant au Président ou le P. C. [Premier Compagnon] Les initiations n’auront lieu que pour les fêtes patronales Ascension et Toussaint.

Le blason des Compagnons Du Devoir Étranger sur la couverture du traité sur les ponts-biais de Jérôme Baudassé (sans date, vers 1860). © Jean-Michel Mathonière.

Le règlement des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon en 1782

Rôle des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon de 1782. Archives départementales de Vaucluse.

RÔLE D’AVIGNON DE 1782.

Le texte reproduit ici est celui qui figure au centre de ce document.

L’orthographe a été modernisée. La version donnée ici reprend le texte intégral.


RÔLE DES COMPAGNONS PASSANTS TAILLEURS DE PIERRE
FAIT PAR PONGE, DIT LA DOUCEUR D’AVIGNON,
LE PREMIER JANVIER 1782

RÈGLE DU SAINT DEVOIR 

Le premier Compagnon qui arrivera sur un Compagnon recevra la première accolade. Il sera tenu et obligé de mener boire l’arrivant avant de le faire reconnaître à quelque autre Compagnon ou Maître Remercié, sous peine de vingt sols d’amende.

Si le Rôle ne lui appartient pas, il remettra l’arrivant à celui auquel le Rôle appartiendra.

Au cas où le Compagnon arrivant ne veuille pas travailler dans la ville, celui qui aura reçu la première accolade le roulera aux dépens de tous les Honnêtes Compagnons qui se trouveront dans la ville, étant bien entendu que ledit Rouleur sera obligé de lui faire reconnaître tous les Compagnons Passants qui sont dans la ville et les Maîtres Remerciés s’il en rencontre en chemin.

Si l’arrivant est dans l’intention de travailler dans la ville, le Rouleur sera obligé de lui chercher de l’ouvrage et de lui fournir des outils pendant huit jours, au cas où le maître pour qui il travaille n’en ait pas. De plus, il sera obligé de lui chercher un logis de sûreté, le plus honnête et le plus avantageux qu’il pourra trouver, de le traiter du mieux qu’il lui sera possible, et de le rouler un jour avant de le mettre en chantier.

Après quoi, il lui fera écrire son nom à l’endroit désigné du Rôle, à la suite des autres Honnêtes Compagnons Passants qui nous font l’honneur de leur visite.

Ces opérations étant terminées, le Rouleur sera obligé de remettre le Rôle à celui à qui il appartiendra, et, au cas où il le fasse pas et qu’il arrive des Compagnons dans cet intervalle, il sera obligé de les rouler à ses dépens.

Si malgré toute la peine et les soins des Compagnons, on ne peut, faute d’ouvrage dans la ville, remplir les vœux de l’arrivant, son Rouleur sera obligé de lui faire prendre congé de tous les Compagnons qui seront dans la ville et de le conduire à la route qu’il désirera prendre, observant toutefois de lui faire écrire son nom sur le Rôle et de remettre celui-ci à celui à qui il appartiendra, sous peine de payer la susdite amende.

Observations

Si un Compagnons travaille hors la ville jusque dans un rayon de trois lieues, il sera obligé de rouler l’arrivant dans la ville, à moins qu’il n’y ait pas de Compagnon dans le lieu.

Lorsqu’un Compagnon bat aux champs, son Rouleur est obligé de lui faire prendre congé de tous les Honnêtes Compagnons qui sont dans la ville et d’aller avec lui aux endroits qu’il fréquentait pour s’assurer qu’il a satisfait et que l’on est content de lui, de ses bons procédés et de son honnêteté. Si quelque plainte rejaillit sur son compte, son Rouleur sera obligé de le ramener et d’assembler trois ou quatre Compagnons parmi les plus anciens et les plus instruits spirituellement de notre Saint Devoir, afin de le moraliser, de lui faire connaître ses fautes et de le mettre dans le chemin que nous connaissons dans nos Règles, celui de la probité. Si d’aventure il venait à devoir quelque chose sans en avoir averti son Rouleur, celui-ci sera obligé de le ramener aux Compagnons pour qu’ils en jugent à leur volonté et lui infligent la punition qu’il mérite en pareil cas.

Nous devons montrer ici pour l’instruction de tous les Honnêtes Compagnons toutes les clauses qu’il nous est possible de dire concernant nos règles, à savoir :

On ne pourra faire battre aux champs un Compagnon s’il ne reste deux heures de soleil.

De même, il ne peut tomber aucun Compagnon qu’il ne reste deux heures de soleil, à moins qu’il ne déclare que c’est par nécessité.

Un Compagnon ne pourra se faire rouler dans le lieu dont il est parti, à moins que six mois et un jour se soient écoulés ou à ses propres dépens.

Celui qui aura le Rôle entre les mains ne pourra non plus se faire rouler pour battre aux champs, si ce n’est à ses dépens.

Un Compagnon ne pourra servir (à Réception) s’il n’a été roulé et n’a pas travaillé (dans la ville), vu un Rôle et une Réception. Il ne doit rien devoir au maître ni à personne, à moins de consigner l’argent qu’il doit ou qu’on le tienne pour solvable. (De plus,) il doit être reçu depuis au moins six mois et un jour.

Si un Compagnon manque aux règles énoncées ci-dessus et dans nos statuts, il sera chassé ou brûlé, ou il fera reconfirmer son filleul à ses dépens.

De même, si un Compagnon refuse de payer l’amende à laquelle il a été condamné, il sera chassé ; et s’il nie être Compagnon, il sera brûlé, on écrira son nom sur un morceau de papier, avec au bout « brûlé », et ensuite on le brûlera en présence de tous les Honnêtes Compagnons qui seront dans la ville et ceux-ci seront obligé de prier Dieu pour le repos d’une âme qui a violé le serment sacré qu’il a fait auprès de celui qui lui a donné la lumière. De plus, son nom sera effacé du Rôle, de sorte qu’il n’en subsiste aucune lettre.

Lorsqu’un honnête Compagnon se présentera pour se faire remercier, on le remerciera avec tous les honneurs qui lui sont dus et on écrira au bout de son nom (sur le Rôle) « remercié ».

S’il arrive qu’un Compagnon décampe de la ville sans rien dire, il a huit jours après son arrivée dans un autre lieu pour écrire et pour donner des raisons justificatives [et si celles-ci ne sont pas recevables], à la première assemblée (dont il sera absent) il sera condamné à l’amende commune, à la seconde à l’amende de Rôle, à la troisième il sera exilé ou chassé.

Tout Compagnon qui sera exilé ou chassé ne pourra être présent aux assemblées, ni être roulé jusqu’à ce qu’il soit remis.

Aucun Compagnon ne pourra avoir son Affaire à plus de trois endroits et il sera obligé, sous peine d’amende de Rôle, d’écrire aux endroits où il aura son Affaire de trois mois en trois mois, et les Compagnons du lieu où sera son Affaire seront obligés d’écrire aux Compagnons du lieu où ils croient qu’il se trouve afin de l’avertir de venir satisfaire à son devoir. Après qu’il aura été averti et qu’on le saura positivement – car il faut toujours s’assurer des faits avant que de juger – s’il néglige de répondre, il sera chassé ou brûlé.

Tout Compagnon qui aura son Affaire à plusieurs endroits ne pourra servir à aucune Réception.

Pour confier le Rôle au Père.

Le Père ne remettra la clef de la chambre où se trouvera la Caisse qu’à trois Compagnons connus de lui.

Il faut être trois Compagnons Passants pour voir le Rôle mais deux le peuvent en cas de nécessité.

Si un Compagnon vient à perdre les clefs du Rôle par sa faute, il sera obliger de faire s’assembler tous les Compagnons qui sont dans la ville pour qu’ils l’obligent à en faire faire d’autres à ses dépens et il payera l’amende de Rôle.

Si un Compagnons vient à tâcher le Rôle en écrivant son nom ou (celui d’un) autre, il payera aussi l’amende de Rôle, et s’il n’y veut pas consentir, on peut l’obliger à en faire un autre à ses dépens.

Tout Compagnon qui fera une Réception ne le pourra qu’au-delà de sept lieues de l’endroit où il y a un Rôle ou il sera brûlé.

Tout Compagnon qui n’a pas vu de Rôle doit une paire de couleurs au Maître de même qu’à son premier Rouleur, si toutefois ledit Rouleur l’aura tombé pour travailler ou que le Compagnon aura travaillé dans la ville.

Nous prions tous les Honnêtes Compagnons qui viendront après nous et qui verront ce Rôle de bien vouloir donner vingt sols, (somme) que nous avons jugé à propos d’imposer à ceux qui auront l’avantage de le voir. Et ledit argent sera employé à soulager les Compagnons Passants qui se trouveront en grande nécessité et pour faire prier Dieu pour le repos des âmes des pauvres défunts. Nous exhortons tous les Honnêtes Compagnons Passants qui auront le bonheur de voir notre Rôle à être le modèle de nos vertus.

RÔLE DES AMENDES

Si un Compagnon jure à l’assemblée, il payera l’amende commune.

Si un Compagnon sort de la ville sans laisser son Rôle et couche hors la ville, il payera la même amende.

Si un Compagnon tâche son nom sur le Rôle et ne suit pas la ligne marquée, il payera l’amende de Rôle qui est de 3 livres.

Si un Compagnon se saoule et ne mène pas une vie honnête, ainsi que nous devons suivre, après les exhortations qu’il aura reçu, à la première assemblée il payera l’amende commune et s’il persiste, amende de Rôle ; à la troisième fois, il sera chassé.

Concernant l’argent des amendes, il sera mis en mains tierces ou dans le Rôle pour soulager les pauvres Compagnons dans leurs nécessités. S’il ne se trouve pas de fonds disponibles, les Compagnons qui seront dans la ville seront obligés de les soulager sous peine d’amende de Rôle à qui de droit. 

Couleurs fleuries des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon, Archives de Vaucluse. © Cliché Jean-Michel Mathonière 2013.
Ces rubans étaient à l’origine attachés au bâton autour duquel était enroulé le Rôle.

Lire un article sur les couleurs fleuries des Compagnons tailleurs de pierre.