Le Serpent compatissant

Jean-Michel Mathonière

LE SERPENT COMPATISSANT
Iconographie et symbolique du blason des Compagnons tailleurs de pierre

précédé de :

Compagnons du Saint-Devoir & bâtisseurs de cathédrales

Format 15 x 21 cm, broché cousu, 112 pp., nombreuses illustrations N & B.

Prix : 15 euros

Seconde édition, augmentée d’une note à propos de Maître Jacques Barozzi de Vignole.

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Ce volume rassemble et complète plusieurs études consacrées à l’exploration des racines historiques des compagnonnages de tailleurs de pierre français, tout particulièrement au travers de l’iconographie et de la symbolique de leurs blasons et de leur emblématique. En effet, si les sources documentaires les concernant avec certitude ne remontent pas, pour l’instant, avant le début du XVIIe siècle, l’analyse de leurs emblèmes symboliques permet d’entrevoir combien les Compagnons tailleurs de pierre sont les héritiers directs des bâtisseurs des cathédrales du XIIIe siècle et, peut-être, d’un passé bien plus lointain. Cette quête historique, pleine de suspens, permet de mieux comprendre la dimension spirituelle du Saint-Devoir des Compagnons, véritable « Chevalerie » artisanale. Le rôle prédominant de la géométrie, non seulement comme moyen technique mais aussi comme support symbolique, est également bien mis en évidence – tant par l’analyse des symboles du métier (l’équerre, la règle et le compas) que par des tracés qui ne doivent rien à l’imagination et à l’approximation. Au fil des pages et des notes, très abondantes, le lecteur découvrira aussi, que l’expression « Art royal », souvent appliquée à la tradition maçonnique, retrouve probablement par cette étude sa source authentique : le Livre VIII des Proverbes, attribué à Salomon et qui contient la majeure partie du substrat symbolique de la tradition initiatique des bâtisseurs.

Voir l’introduction de ce livre (texte intégral)

Voir un extrait du chapitre 1

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COMPTES RENDUS :

Petit ouvrage mais densité du propos et abondance de l’illustration : ainsi pourrait-on résumer l’excellent Serpent compatissant dont le titre renvoie au serpent et au compas présents dans le blason des Compagnons tailleurs de pierre du Devoir. J.-M. Mathonière développe ici certains thèmes effleurés dans Travail et Honneur (1996) mais il va bien au-delà en abordant les sujets, toujours délicats, de l’origine des compagnonnages, de l’interprétation de leurs symboles et des comparaisons qui peuvent s’établir entre ces sociétés, les corporations médiévales et la franc-maçonnerie opérative. L’auteur réussit l’exercice difficile qui consiste à comparer sans assimiler ainsi qu’à interpréter les symboles en demeurant strictement dans le contexte où ils apparaissent. Mais surtout, il pose la question de fond qui doit désormais présider à toute recherche dans ce domaine : qu’est-ce qu’un compagnonnage ? Et plus précisément, qu’était-ce à l’époque où l’on en aborde l’étude ? Quels sont ses caractères spécifiques (les couleurs fleuries des tailleurs de pierre par exemple) ? J.-M. Mathonière insiste enfin sur la nécessité de disposer de sources fiables avant d’affirmer l’antériorité de tel ou tel symbole ou comportement  : simple rappel des principes de toute recherche historique, sans lesquels on peut écrire n’importe quoi. Mais l’absence de sources n’exclut pas d’émettre des hypothèses en attendant de découvrir les preuves.

De tout cela il résulte un ouvrage qui renouvelle sensiblement la vision classique d’un Compagnonnage aux finalités strictement mutualistes, syndicales, morales et d’éducation professionnelle. L’auteur montre bien que le Devoir des C.P.T.D.P. (et des autres corps) était empreint de symbolisme chrétien et que sa vocation était donc aussi d’ordre spirituel : le serpent qui enlace le compas, présents aussi dans les éditions des Livres d’Architecture de Philibert De L’Orme, ne sont pas des motifs décoratifs mais renvoient, entre autres, au Christ rédempteur et à la vertu de la Prudence. Il est à souhaiter que cette étude amorce la troisième voie des futures recherches sur les fondements des compagnonnages : loin du pseudo-ésotérisme et de la lecture maçonnique, autant que de l’étude folklorique ou de la seule histoire sociale.

Laurent Bastard
Directeur du Musée du Compagnonnage (Tours)

La collaboration de Jean-Michel Mathonière avec Laurent Bastard nous avait offert Travail et Honneur, cette excellente étude sur les Compagnons Passants tailleurs de pierre d’Avignon aux XVIIIe siècle, et on retrouve ici la même rigueur dans la poursuite de l’investigation de quelques champs qu’avait ouverts cette étude. Cinq textes ayant déjà connu une diffusion éphémère (conférence ou publication dans des périodiques) qu’il est intéressant de voir rassemblés car ce sont autant de coup de sonde dans le lointain passé du compagnonnage, encore si mal connu. Entre recherche socio-historique, cantonnée aux écrits, et recherche symbolique se laissant trop facilement dériver dans une subjectivité hasardeuse, la troisième voie originale empruntée et qu’on pourrait appeler « le symbolisme raisonné » explore avec minutie chaque détail iconographique et le met en rapport avec ses autres représentations contemporaines pour tenter d’en trouver les racines.

La prudence de la méthode interdit toute conclusion catégorique, mais de séduisants indices sont mis à jour, comme ces couronnes fleuries qui se révèlent un premier élément tangible de la filiation présumée des bâtisseurs de cathédrales avec les Compagnons tailleurs de pierre. Appréciable aussi la pertinence de l’étude du blason des Compagnons Passants tailleurs de pierre, orné du serpent qui explique le titre du recueil. Sans prétention à épuiser le sujet – sa recherche se poursuit au fur et à mesure de la découverte de nouveaux documents – l’auteur a voulu par cet ouvrage planter quelques jalons qu’il livre à notre curiosité. 

Daniel Patoux
in Compagnons et Maîtres d’Œuvre n° 281
(Journal de la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment)