À propos de la présence compagnonnique à l’Exposition internationale de Nantes en 1904

« En 1904, une exposition internationale est organisée à Nantes sur le Champ de Mars par Jean-Alfred Vigé. En plus des pavillons dédiés aux Beaux-Arts, à l’alimentation et à l’hygiène, aux arts libéraux ou encore différents kiosques pour des exposants, des festivals de musique, des fêtes aérostatiques, un water-toboggan géant, des séances de cinématographe, des fêtes des fleurs et expositions horticoles complètent le palais. L’exposition comprend également en son cœur une attraction toute particulière et payante : le “village noir”. »[1]

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Une carte postale ancienne nous montre l’arrivée des compagnons et de leurs chefs-d’œuvre à l’exposition. Bien que cela ne soit pas explicitement mentionné par la légende de la photographie, il s’agit de Pays de l’Union Compagnonnique — ainsi que le confirment l’enseigne vantant les cours professionnels et les deux bannières[2], de formes et d’apparences caractéristiques et qui sont toujours conservées par le musée de l’Union Compagnonnique de Nantes (salle haute). Au demeurant, entre la bannière centrale et l’enseigne des cours professionnels, le chef-d’œuvre de couverture, d’une silhouette parfaitement reconnaissable, est lui aussi toujours visible de nos jours au musée (voir la photographie). J’espère que les Pays de Nantes ne manqueront pas de préciser dans leurs commentaires quels sont les autres chefs-d’œuvre sur cette carte postale de 1904 qui sont toujours présents dans leur musée du manoir de La Hautière, ainsi que le nom de quelques-uns des compagnons présents qui jouèrent un rôle très actif dans l’expansion de l’Union Compagnonnique.

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Musée de l’Union Compagnonnique de Nantes, manoir de La Hautière.
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Ancienne bannière de la Fédération Compagnonnique de tous les Devoirs Réunis de Nantes. Musée de l’Union Compagnonnique de Nantes, manoir de La Hautière.
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Ancienne bannière de l’Union Compagnonnique de Nantes. Musée de l’Union Compagnonnique de Nantes, manoir de La Hautière.

Les deux photographies contemporaines en couleurs des bannières proviennent du site internet <https://lopticoindescurieuxdecuriouscat.wordpress.com/2019/10/04/les-rubans-arc-en-ciel-du-compagnonnage/>

À lire l’article suivant paru dans le numéro 47 (1er juin 1904, page 386) de L’Officiel du Ralliement des Compagnons du Devoir et Chevaliers de l’Ordre, « journal d’informations compagnonniques paraissant le 1er de chaque mois, organe de la société de retraite – Nantes ville directrice », accessible via Gallica, on constate combien dans cette grande ville de compagnonnage, les tensions étaient alors très vives entre les vieilles sociétés compagnonniques « restées fidèles au Devoir » et la toute jeune Union Compagnonnique (fondée en 1889) dont l’implantation nantaise, justement à cause de cette vitalité des compagnonnages, était particulièrement forte. C’est au demeurant à Nantes que s’était déroulé en 1894 le second congrès de l’Union Compagnonnique, avec l’aide fraternelle de loges maçonniques locales, congrès où avait été adopté un rituel de réception harmonisé à l’échelle nationale et imprimé l’année suivante.

NANTES-EXPOSITION

L’Exposition a ouvert ses portes au public le 12 mai, jour de l’Ascension. Les travaux étaient loin d’être terminés, car bien des exposants n’avaient pas encore commencé leurs installations ; pour qu’elle soit complète, il faut attendre au moins le 10 juin.

Pendant un moment, je pensais que les corporations du Devoir y auraient soit séparément ou collectivement, exposés leurs chefs-d’œuvre qui auraient à nouveau fait l’admiration des vrais connaisseurs et en même temps auraient montré au public que les CC:. du D:. sont toujours au premier rang comme ils doivent l’être aussi.

Malheureusement, les CC:. du D:. se contentent de rester chez eux, ils ne se montrent pas assez fiers de leurs travaux et toutes les sociétés modernes ne sont pas de même, elles se font voir sous toutes les formes. Dernièrement, je faisais un tour à l’Exposition, j’y remarquais, sans être cependant bien connaisseur dans cette partie, un travail qui aurait bien mieux figuré dans un grenier, quoi qu’il portât son toit lui-même[3], que dans une Exposition.

C’est ce qui me peine devoir les corporations du Devoir s’abstenir où elles devraient se montrer et tenir la place qui leur est due ; en s’abstenant dans ces cas, c’est aider la tâche de celles qui crient bien haut qu’il n’y a plus de CC:.

Ces pauvres gens-là se trompent, car si les Compagnons ne sont pas assez orgueilleux et ne se montrent pas assez c’est encore la Société la plus nombreuse et où l’on y enseigne que des principes dignes du nom.

Mes chers pays et coteries, je crois que vous partagez mon idée et que nous devrions être plus fiers du titre que nous portons et que nous ont légué nos illustres fondateurs J:. et S:..

Un Devoirant progressiste.

Le n° 52 de L’Officiel du Ralliement des Compagnons du Devoir et Chevaliers de l’Ordre, accessible lui aussi via Gallica, donne un long compte rendu d’une visite de l’Exposition de Nantes, sous la plume de l’un des plus célèbres compagnons de cette époque, Auguste Bonvous, compagnon passant couvreur. Le ton y est également critique à l’encontre de l’Union Compagnonnique, mais les corps du Devoir absents de cette exposition sont montrés du doigt pour leur manque d’implication. En voici la reproduction in-extenso :

AUTOUR DU CONGRÈS

L’Exposition de Nantes

Le Congrès de la Caisse de Retraite qui se tint à Nantes le mois de septembre dernier n’a guère donné aux Congressistes de repos, ni de loisir, même pas la liberté. Un correspondant au journal, la Cotrie Goyon de Joué-lès-Tours, m’écrivait il y a quelques jours ceci : « Il y en a qui croit que c’est une partie de plaisir que d’aller à un Congrès, eh bien ! non ! Il a fallu travailler comme nous avons fait pour réaliser en si peu de temps tant de travail ».

En cela mon cher et ami Collègue Goyon n’a point tout à fait tort car c’est lui, je peux le dire sans froisser sa modestie, qui a été le « Gutemberg » de la Rédaction au Congrès.

Je pus néanmoins avoir quelques heures de libre, prenant mon rôle de reporter correspondant au sérieux accompagné du Président du R\ d’Angers : Pays Baudoin et un de ses bons amis, nous nous dirigeâmes vers l’exposition.

La Rédaction ne m’en voudra pas de lui envoyer un si bref exposé de cette exposition. Donc Chers Compagnons du Devoir, pays et amis, lecteurs du Ralliement, traversons ensemble à grande enjambée l’exposition Nantaise. Rien comme extérieur ne frappe réellement, il n’y a ni apparat ni modernité, l’entrée de cette exposition est tout à fait « classique » les bâtiments s’alignent autour d’un vaste carré avec des tracés de dessins linéaires, dominés par quelques dômes c’est tout. À gauche la vue en découverte, l’on aperçoit la reconstruction réduite de l’ancienne tour du Bouffay, après ce rapide coup d’œil nous entrons dans le salon de peinture.

C’est avec plaisir que je vis ce salon et avec regret je le quittais, à lui seul, il donne à l’Exposition de Nantes, un cachet artistique.

De belles toiles attirent l’attention, nous n’avons aucune prétention d’avoir la critique d’art. Les tableaux qui me frappent ainsi que mes collègues furent parmi ; le Christ pardonnant à ses juges et bourreaux modernes, apôtres de la liberté dans le texte commercial par ces mots qui traversèrent l’Univers : « Aimez-vous les uns les autres ».

En face de ce tableau se trouve une magnifique toile : Feuilles mortes[4]. Pendant quelques moments je contemplais et admirais la conception de l’artiste, je pris note des vers dont le texte en est en quelque sorte la dédicace :

Une image contenant herbe

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Crédit photo : Cécile Clos/Musée des Beaux-Arts de Nantes.

Feuilles mortes

Blanches illusions, nymphes souples et fortes
Qui jouissaient au printemps, dans les bocages verts.
Sous les derniers rayons d’un froid soleil d’hiver
Défuntes, vous dormez parmi les feuilles moites.

Dominique Caillé.

En traversant la salle ou pour mieux parler, le corridor, des portraits attirent notre attention, hélas ! ce n’est pas dans un quart d’heure qu’on peut même se donner un souvenir de mémoire, tout ce que je puis dire j’aperçus dans ma course un tableau ayant un ruban noir, j’ai salué par la pensée l’homme de talent, l’artiste peut-être qui n’éprouvera pas la joie suprême de voir couronné ses efforts ; un autre tableau saisissant de tristesse, qui vous émeut malgré vous par la réalité des sentiments : c’est l’agonie d’une mère qui près de s’éteindre voit autour d’elle ses enfants. Elle sourit à ce groupe d’enfants qui la pressent, la regardant de leurs yeux ignorants et inquiets plus loin ; le père ! affaissé sur une chaise, la tête dans ses mains, songe, abattu, à la dernière heure suprême, la minute, la seconde de l’affreuse réalité : la mort, la séparation éternelle !!

D’autres vues viennent donner un rayon de soleil aux émotions qu’on éprouve dans la vue de ces diverses expressions… Des paysages, des mers, des forêts etc… tout est très intéressant. Prêt de quitter le salon de peinture je reviens sur mes pas, quelque chose m’avait frappé je retournais instinctivement vers l’endroit où mes regards avaient conservé ce quelque chose que je désirai connaître : c’était les plans et perspectives du futur hôtel de ville de Nantes dans la restauration brillante du château actuel et qui est un des plus beaux monuments historiques de France.

Enfin il fallut quitter ce bâtiment, je lui donnai un demi-regard d’adieu et presque en fuyant je me dirigeai vers le bâtiment central. Dans ce parcours nous eûmes l’enfantillage, avec le P:. Baudouin, de nous offrir la descente rapide de la barque et sa chute dans le trou, affaire d’impression qui rappelle un dernier écho de jeunesse. Mon compagnon de route veut s’offrir le Village noir… je refuse, pour moi c’en est de trop. De la plate-forme où nous avions gravi pour faire la chute vertigineuse du trou, j’avais aperçu ce village noir avec une si triste reproduction de village nègre que je ne voulus point m’offrir du noir.

Dans le grand bâtiment, à vrai dire, nous voyons réunies les grandes marques de liqueurs eaux-de-vie et comestibles etc… Au pas gymnastique je le traversais avec l’illusion d’être au milieu d’une belle rue de Nantes, et avec plaisir je rentrais dans la partie industrielle. Je rencontre le pays Moreau C:. serrurier du Devoir de Villeneuve-Saint-Georges, il me dit qu’il y a une exposition ouvrière intéressante, nous y allons ensemble. Là, la Société de l’Union Compagnonnique à côté des choses intéressantes, offre par contre, des travaux fictifs au point de vue d’authenticité qui est propre à cette Société. Passons ? La Chambre Syndicale des Couvreurs de Nantes aurait certes pu mieux faire, aucune Société Syndicale n’offre un fini d’exécution qui doit résider à une exposition ; sauf les travaux de menuiserie, qui sont dignes d’intérêts. Un patron-couvreur expose un travail de couverture en zinguerie, application zinc à dilatation etc., je vois médaille d’or.

Il reste un bâtiment à visiter, je m’y rends, que vis-je à la porte centrale : un nègre statufié faisant de la jonglerie, décidément on a broyé du noir pour cette exposition ; à l’entrée visage nègre, village noir, et là encore, comme une espèce de déification, encore une statue, de nègre. Il n’est pas dit que les noirs ainsi honorés ne fassent quelques bons tours aux visages pâles ! …

Cette partie de bâtiment est trop restreinte, tout est confondu, en vain, je cherche l’exposition de l’École professionnelle patronale des couvreurs d’Angers ! je ne la verrais pas, que faire ? Je passe donc en revue les divers travaux de cette galerie.

Tout d’abord je commencerais par citer l’imprimeur de notre Journal de Nantes, Monsieur Morillon ; félicitations amicales et sincères. Pour personnifier son art d’imprimeur, Monsieur Morillon, dans une élégante conception, a joint à son exposition un tableau : « l’Imprimeur au XVe siècle », la médaille d’or obtenue confirme tout le mérite que nous avons déjà longtemps apprécié dans l’imprimeur du journal le « Ralliement ». Je me retourne pour aller plus loin, que vois-je ? Une voiture automobile frappe mes regards, cette attention me repose, en ouvrant la portière de ce joli coupé. Je ne m’étonne plus que ceux qui s’offrent des voitures de 6, 10, 20 mille francs et même plus, les dépenses de ménage deviennent durent et rendent impossible de pouvoir aider les besogneux honnêtes qui vont à pied.

Un peu plus loin, j’aperçois l’exposition textile du C:. cordier Delhomme, président du Ralliement de Paimboeuf, qui, à l’exposition de Nantes est hors concours et membre du jury. Ce nom bien connu dans le monde industriel ne donne que plus d’éclat au C:. D:. D:. qui n’abdique pas ce titre au milieu de tant d’honneurs. Je jette un dernier coup d’œil à l’ameublement, je vois avec regret, que je quitterai cette exposition sans voir les travaux si intéressants de l’École professionnelle des couvreurs d’Angers à laquelle, la commission des Ardoisières s’intéresse si vivement et auxquels les patrons angevins donnent leur dévoué concours. Sur le parvis de ce dernier bâtiment, je retrouve mon compagnon de route, le pays Baudouin, je lui fis part de mon regret de ne pas voir l’exposition angevine ; avec sa complaisance habituelle et sa cordialité qui le caractérisent, il m’y conduit.

Les derniers instants dont je pouvais disposer, je les consacrais à cette exposition ouvrière et patronale si digne d’intérêts professionnels et certes les travaux indiquent une méthode étudiée, basée avec une marche progressive qui indique que l’art préside dans tous ses éléments de l’alpha à l’oméga professionnel.

Cela rappelle mes souvenirs de l’École professionnelle patronale de Chartres qui depuis quelques années obtint du ministre, des Chambres de Commerce, syndicats patronaux, etc., des récompenses pour être distribuées aux élèves apprentis et ouvriers qui, avec persévérance, suivent ces cours. Notre jeunesse angevine a tout lieu de croire à la prospérité de son école professionnelle.

Il y aurait bien quelques choses à dire à propos des corporations du D:. qui s’abstiennent par raison ou par force à ne pas paraître à l’Exposition de Nantes.

Il faut approuver, quels que soient les talents, les mérites plus ou moins grands des exposants et des sociétés ouvrières quels qu’ils soient qui exposèrent. Nous pouvons conclure que les hommes qui, grâce à leurs initiatives, donnent à leurs sociétés une valeur rétrospective, ont toujours un mérite et ont droit à tous les encouragements les plus discrets soient-ils. Pour les sociétés ouvrières qui exposèrent à Nantes, tout indique une volonté de faire prévaloir leur titre et faire des ouvriers et des hommes utiles.

Les municipalités ne peuvent qu’encourager par des subventions, les sociétés qui donnent largement aux ouvriers, par la science professionnelle, les qualités requises, qui avec le bon ouvrier font l’habile et honnête homme.

Auguste Bonvous,

C:. P:. Couvreur d’Angoulême, Chevalier de l’Ordre, membre délégué au Congrès de Nantes.

Je n’ai pas accès au journal de l’Union Compagnonnique de cette époque pour reproduire ici le ou les articles publiés à propos de l’Exposition de Nantes. S’il en existe, ce qui est assez probable, un Pays de la Cayenne de Nantes aura-t-il la gentillesse de nous le transmettre pour le partager avec nous ? Mon ami et collègue Olivier Lavigne, Gallo l’Humilité, que deviens-tu ? 😉

L’expéditeur de la carte postale : Angevin Va Sans Crainte

La carte est adressée à Monsieur J. Bonnette, buraliste à Juigné-sur-Loire, Pont-de-Cé, Maine-et-Loire. Elle comporte une correspondance :

« Cher père, lundi matin n’ayant reçu aucune réponse, je me suis embauché pour un coup de main. Je viens de recevoir à l’instant une réponse de Machecoul. J’irai probablement dimanche. J. Bonnette »

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De ces quelques lignes, on peut déduire que l’expéditeur est un artisan sur le Tour de France. Il s’agit de Joseph Bonnette, né le 02 mars1887 à Juigné-sur-Loire (MAINE-ET-LOIRE), un plâtrier qui sera reçu compagnon des Devoirs Unis à Nantes en 1905 (année d’expédition de la carte postale, sans qu’il soit possible de mieux préciser via le cachet de la poste), sous le nom symbolique d’Angevin Va Sans Crainte. Inscrit comme aspirant à la section d’Angers à la fin de son apprentissage, il part à Nantes pour se perfectionner en 1905. Après son service militaire il s’établit à La Pyramide (49), s’y maria et fut le rouleur et le vice-président des compagnons de l’Union Compagnonnique d’Angers.[5]

Il était fils, neveu et cousin de compagnons de l’Union Compagnonnique. Ainsi qu’il apparaît sur le registre d’état civil, son père, Joseph-Rémy, était sabotier lors de la naissance de son fils. Il fut reçu compagnon sabotier-formier des Devoirs Unis à l’âge de 29 ans sous le nom symbolique d’Angevin l’Ami du Droit lors de la Saint-René 1889 à Angers. S’agissant de l’année de naissance de l’Union Compagnonnique, il était probablement membre au préalable de la Fédération compagnonnique de tous les Devoirs réunis. Idem pour le frère de son père, Armand, lui aussi reçu compagnon sabotier-formier lors de la Saint-René 1889 à Angers, à l’âge de 40 ans, sous le nom symbolique d’Angevin la Fraternité.

NOTES

[1]. Texte de Philippe Saint-Marc, extrait de son site internet reproduisant de nombreuses cartes postales anciennes de l’Exposition de Nantes : <https://philippesaintmarc.wixsite.com/autrefois-nantes/village-noir>

[2]. La bannière de gauche est celle de la Fédération compagnonnique de tous les Devoirs Réunis, organisation qui a précédé la création de l’Union Compagnonnique.

[3]. Il est assez probable que l’ouvrage visé par cette remarque est la maquette de couverture que l’on voit sur la carte postale et qui est toujours conservée dans le manoir de la Hautière (voir la photographie).

[4]. Il s’agit du tableau Feuilles mortes, par Alexandre-Jacques Chantron (1902), conservé par le Musée des Beaux-Arts de Nantes. Voici un texte de présentation (2018) glané sur le site nantais <lecinematographe.com>, où l’œuvre est reproduite en écho au film de Coppola, Virgin Suicides : « Le sujet de cette œuvre reste obscur. Elle est accompagnée d’un poème écrit par le nantais Dominique Caillé. Des femmes nues, inanimées, jonchent le sol couvert de feuilles mortes. Les corps cadavériques prennent une tonalité orangée sous l’effet d’un soleil couchant. Les couleurs chaudes, le traitement lumineux du ciel, la présence des corps enchevêtrés suscitent un sentiment d’étrangeté. Si la vision du premier plan est morbide, le paysage paraît au contraire très paisible. Serait-ce une allusion au temps qui passe, à la jeunesse perdue ? Une allégorie des saisons qui ponctuent le cycle de la vie. » 

[5]. Informations recueillies sur la base de données généalogiques du Musée du Compagnonnage de Tours, elle-même établie d’après la nécrologie et le discours prononcé lors de ses obsèques, publiés dans Le Compagnonnage, n° 241, 1-09-1939, p. 6.

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