La fin prochaine du démontage de l’échafaudage calciné de Notre-Dame de Paris va permettre de terminer le travail de déblaiement des poutres calcinées de la charpente et des restes de la toiture reposant encore sur les voûtes. Parmi tous ces vestiges qui seront patiemment inventoriés, retrouvera-t-on la plaque de fer qui était vissée sur le poinçon de la flèche et qui rappelait que celle-ci avait « été faite en l’an MDCCCLIX [1859] M. Viollet-le-Duc étant architecte de la cathédrale, par Bellu, entrepre[neur en] charpente, Georges étant gacheur des compagnons charpentiers du Devoir de Liberté » ? Ce serait là un merveilleux cadeau de Noël.

Et, sans vouloir mettre d’huile sur un feu que l’on pourrait naïvement croire éteint 😉, cela permettrait de rappeler concrètement l’épopée de ces fabuleux compagnons charpentiers que furent les « Indiens » (compagnons du Devoir de Liberté), rivaux des « Bondrilles » (compagnons du Devoir) jusqu’à leur fusion avec eux pour former les compagnons charpentiers des Devoirs en 1945 (origine de la Fédération compagnonnique des métiers du Bâtiment). Si l’histoire de la charpente de Notre-Dame de Paris est liée à celle des compagnons, c’est au travers de la construction de cette flèche, faite avec certitude par les « enfants de Salomon », et non celle de la forêt d’origine du XIIIe siècle, réalisée par des charpentiers dont on ne sait absolument pas s’ils étaient des « enfants du Père Soubise » (c’est-à-dire des compagnons du Devoir). L’histoire ancienne des compagnonnages nous reste très mal connue, ce qui n’empêche pas certains d’instrumentaliser non sans arrières-pensées l’image des « bâtisseurs de cathédrales » et des « compagnons » pour promouvoir tel organisme de formation plutôt que le compagnonnage dans son ensemble et sa diversité…

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